jeudi 9 octobre 2008

Le nombril et le soleil

Samedi 4 octobre 2008.Nuit Blanche.
Jeff Koons au Château de Versailles.

25 ans qu'à l'instar de Lavier ou feu Kippenberger, Jeff Koons produit un œuvre qui me séduit et m'interroge.Inlassablement il interroge et transfigure la banalité et l'imagerie populaire.
Une retrospective -brève mais exhaustive- de son travail habite le château de Versailles, haut lieu de la monarchie absolue, haut de la nostalgie républicaine de fastes perdus.



A bien des égards, aux yeux du béotien, cette exposition est sacrilège : comment de telles sculptures peuvent-elles souiller LE Château de Versailles ? Qu'est-ce que c'est que ce cochon ? et cette panthère rose ? et ces aspirateurs !! ?

Or la confrontation bien souvent pertinente d'une sculpture de Koons
(le vase, le buste de Louis XIV) avec une salle du château établit un équilibre nouveau entre l'ancien et le nouveau, l'exceptionnel et le banal, le gratuit et le payant.Versailles recouvre sa nature originelle : un lieu de vie, de convention et de conspirations.
Pour une fois on ne regarde plus les murs, les tapisseries ou les meubles comme seul centre d'intérêt, car la sculpture occupe ce centre. La sculpture, l'objet, désacralise ces lieux, redonne au décor sa valeur périphérique, sa dimension théâtrale.
Koons sort enfin Versailles de son linceul. Salvateur.

Ne manquez pas le site internet de l'exposition

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